Tout quitter et partir voyager : celles qui se sont lancées

Tout quitter et partir voyager : celles qui se sont lancées

Qui n’a jamais eu envie de tout quitter et partir ? Démissionner de son job ennuyeux, rendre son appart trop petit pour aller faire le tour du monde. On rêvasse pendant dix minutes, puis on se rappelle que ce serait trop compliqué, que l’on est fauchés, sans parler de toute l’organisation derrière… Et pourtant, certaines personnes se lancent ! On les croise parfois au détour d’un magazine ou d’un reportage. Ils sont ravis de leur nouvelle vie et respirent le bonheur et la santé, mais là encore, on sait très bien que ce n’est pas pour nous.

… Vraiment ?

Nous sommes allés chercher ces gens qui ont tout plaqué pour voyager, et nous leur avons posé deux ou trois questions. Comment trouver la motivation de se lancer ? Comment faire, niveau finances ? Qu’est ce qui les a poussés à faire le grand saut ?

Après avoir écouté l’histoire de ces personnes si inspirantes, courageuses, et qui n’ont certainement pas froid aux yeux, vous reconsidérerez peut-être vos projets, qui sait ?

Dessytout quitter et partir - Dessy

📷 tales_from_earth

 » Je suis originaire de Bulgarie et j’ai vécu pendant plusieurs années en Espagne, où j’étais hôtesse de l’air pendant 12 ans. Mais au bout d’un moment, je n’étais plus heureuse dans ce job. L’industrie de l’aviation, comme bien d’autres industries, a beaucoup changé avec la crise économique… Autant dire que le boulot et ses avantages ne sont plus ce qu’ils ont pu être auparavant. J’ai fini par arriver au point où j’étais anxieuse à chaque fois que je devais aller au travail.

Je suis alors partie en vacances en Colombie. Une nuit, je suis sortie faire la fête avec des gens de mon auberge de jeunesse à Medellin. Je me suis retrouvée en grande conversation avec l’un des garçons qui était là, et qui m’a raconté son histoire. Il venait de passer une sale année, et il avait décidé de tout quitter et partir voyager. En l’écoutant, j’ai eu une révélation. Je me suis rendue compte que je ne voulais plus mettre un pied dans un avion, sauf pour mon propre plaisir. Et à ce moment là, ma décision était prise. La vie est bien trop courte !

À mon retour, j’ai continué à travailler quelques semaines, puis j’ai démissionné. J’avais quelques économies, et même si ce n’était pas grand-chose, c’était assez pour survivre pendant un an. Ça m’a vraiment aidé à faire de cette décision une réalité. Et enfin, je me suis lancée. J’étais si soulagée, et j’ai vite compris que c’était la bonne chose à faire. Je n’ai jamais regretté ma décision.

Après, tout a commencé à avoir du sens, en quelque sorte. Je suis partie au Vietnam pendant un mois, et j’y ai rencontré la personne qui est devenue mon copain. Après, j’ai déménagé à Moscou pour améliorer mon russe. J’ai débarqué toute seule en Iran, que j’ai visité pendant un mois. Puis je suis retournée en Espagne, où j’ai fait un road trip en solo au Pays Basque. Enfin, j’ai pris un avion pour l’Australie pour rejoindre le mec que j’avais rencontré au Vietnam presque un an plus tôt. C’était il y a 7 mois, et à ce jour je ne pourrais pas être plus heureuse. Je vis avec lui à Sydney, on a acheté un van que nous retapons, tout en explorant les coins et recoins que ce beau pays a à offrir.  »

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tout quitter et partir - Dessy

📷 tales_from_earth

Samira 

 » J’ai décidé de partir voyager car cela me manquait. Mes parents étaient militaires, j’ai donc beaucoup vécu à l’étranger ainsi que dans différents états aux États-Unis. Mais le jour où j’ai eu 18 ans, je n’ai plus eu ni le temps ni l’argent de voyager. Après avoir travaillé quelques années dans la restauration, j’ai commencé à en avoir ras-le-bol de la routine. J’étais déprimée, la liberté que donne le voyage me manquait, et je mourais d’envie de découvrir de nouvelles cultures.

Pour économiser, j’ai commencé à enchaîner les services à mon travail au restaurant. Je prenais seulement deux jours off par mois. Je ne plaisante pas ! J’ai d’ailleurs failli finir à l’hôpital. Mon superviseur devait me forcer pour que je prenne ces jours de repos. J’ai aussi arrêté de dépenser de l’argent en achetant des choses dont je n’avais pas besoin, etc., pour me contenter du strict nécessaire (billets d’avion, un sac à dos, de l’équipement de voyage, etc.), et je mangeais la plupart de mes repas au travail, pour exploiter l’un des avantages à travailler dans un restaurant.

J’étais surexcitée à l’idée de partir, je n’avais aucune appréhension ! Je comptais les jours, les heures et les minutes qui me séparaient du moment où je pourrais partir. Les seuls obstacles auxquels je devais faire face étaient surtout logistiques : trouver un endroit où entreposer mes affaires, par exemple. J’ai aussi dû faire face aux doutes de ma famille qui ne pensait pas que je puisse accomplir tout cela.

Ça fait maintenant un an que je suis partie, et jusqu’ici, je suis allée au Royaume-Uni, en France, en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, et je suis en ce moment basée au Maroc. J’ai prévu d’aller partout !

Je conseillerais aux gens qui veulent faire de même d’économiser autant que possible et de dépenser avec raison et modération. Je voyage sac au dos, je marche autant que faire se peut, je fais du stop, etc. Et j’essaye de travailler en échange du gîte et du couvert dans des auberges de jeunesse, ou encore je bosse en télétravail (je donne des cours d’anglais par internet sur deux sites différents).

Et puis surtout… Lancez-vous!!! Le monde n’est pas aussi effrayant que ce qu’on voit aux infos. 98% des gens que vous rencontrerez sont comme vous, avec les mêmes aspirations dans la vie : manger, dormir, s’occuper de leur proches et essayer de profiter de la vie.

Oh, et une dernière chose ! Un autre conseil pour économiser : j’ai mis toutes mes espèces et ma petite monnaie dans un grand pot, sans jamais y toucher. Au bout de quatre mois, j’avais récolté énormément d’argent de cette façon ! (Bon, OK, j’étais serveuse, du coup les pourboires en cash s’accumulent vite, mais ça peut être utile pour tout le monde).  »

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Rome Forum @dorotheegmz

@dorotheegmz

Mélanie

 » J’étais infirmière depuis un an, et mon mari était éducateur spécialisé. Mon mari a toujours eu très envie de voyager et je me suis laisser tenter par l’aventure. Nous avons économisé pendant une année en faisait pas mal d’heures sup’ et nous sommes partis pour la Nouvelle Zélande. Nous sommes ensuite allés à Tahiti, puis en Thaïlande, au Népal, en Inde, en Grèce, avant de revenir chez nous.

Franchement, ma plus grosse peur était de tout quitter et de ne pas supporter mon mari. À l’époque nous étions ensemble seulement depuis 1 an et demi et certains couples ne supportent pas d’être 24h sur 24 ensemble… Finalement c’était ça, le plus génial. Nous étions en symbiose, nous nous comprenions sans nous parler. Ça a soudé notre couple.

La plus grosse difficulté, c’était d’être loin de la famille, surtout pour moi qui suis très famille. Je suis partie au moment où mon papi allait bien, et nous sommes rentrés pour ses funérailles. C’est le regret de ma vie : ne pas avoir passé les derniers moments de sa vie avec lui. Nous sommes rentrés plus tôt pour cela, sinon nous avions prévu de prendre un ferry pour rejoindre l’Italie et remonter en France.

Tahiti, c’est juste un endroit merveilleux. Les gens sont d’une gentillesse… Le paysage est grandiose. Pour faire du snorkeling il n’y a pas mieux, grâce à la barrière de corail… Il y a quelque chose dans l’air qui rend heureux.

Pour notre voyage, la seule chose organisée à l’avance, c’était l’achat du billet pour la Nouvelle-Zélande, puis celui d’un van pour nous déplacer là-bas. Le reste, c’était au fur et à mesure de notre voyage, au hasard des rencontres et des découvertes sur place.

Financièrement, on s’en est sortis juste en économisant toute une année à l’avance. Ça suffit. Après, mon conseil, c’est de se lancer sans trop réfléchir : sur place vous découvrirez de nouvelles cultures et vous vivrez des choses que l’on ne vit jamais dans son train-train quotidien.

On découvre vraiment notre conjoint ou notre personnalité en voyage. On se découvre, on fait des choses que l’on ne se pensait pas capable de faire. Pour ma part j’ai adoré voyager avec lui. Ça m’a permis de me dire que je voulais passer ma vie avec lui… On vit tout intensément en voyage.  »

tout quitter et partir

📷 2balticnavigators

Jennifer

 » Il y a plusieurs choses qui ont aidé à me décider de prendre du temps pour partir voyager. D’abord, ma grand-mère. Bien qu’elle soit désormais décédée, elle m’a toujours poussée à voyager et à partir à l’aventure. Elle a passé toute sa vie à voyager en solo, et j’ai grandi en écoutant ses histoires, en me plongeant dans ses albums photo et à jouer avec des cartes du monde, en m’imaginant des expéditions. Un autre facteur a été le décès d’une personne chère l’année dernière, emportée par une crise cardiaque à un jeune âge. Enfin, j’ai fini par me demander « et pourquoi pas ? ».

Ma carrière dans la gestion de projets de construction était fantastique. Je travaillais dans une entreprise incroyable, pour un patron que je considérais comme un mentor, je gagnais bien ma vie et je faisais quelque chose que j’aimais au quotidien. Quitter ce travail n’a pas été une décision facile, mais je suis restée fidèle à mon choix. Je suis toujours en contact avec cette entreprise, et ils m’ont proposé de m’embaucher de nouveau si je souhaite revenir à un boulot et à un mode de vie plus « normaux ».

Financièrement, ça ne va pas être facile. Je vois mon compte en banque se vider jour après jour. Toutefois, j’ai économisé pas mal d’argent en vivant très simplement pendant longtemps. Je n’ai pas de dettes. Je ne suis pas propriétaire. Mon véhicule est à moi, et à part les factures de téléphone et le loyer, j’ai très peu de dépenses (j’ai choisi de continuer à payer mon loyer, car la personne qui partage ma vie et moi-même vivons dans un endroit vraiment pas cher). Je voyage sur un petit budget, mais je ne suis pas en galère. Je préfère être en sécurité, quitte à sacrifier un peu d’argent. Je fais beaucoup de camping et je dors dans la voiture. Je mange simplement, mais je n’ai pas abandonné le café et les glaces (mes péchés mignons) !

J’ai voyagé un peu partout dans l’Ouest américain, aux Bahamas, aux îles Andros, et je partirai bientôt pour l’Islande, puis la France, la Croatie et l’Espagne (avec probablement d’autres stops à ajouter en cours de route).

Mon plus gros obstacle, c’est moi-même ! Je doute de mes capacités, j’ai le sens de l’aventure, mais je peux être introvertie. Voyager en solo peut vraiment être un défi pour moi. Je suis anxieuse, je dors peu, j’ai parfois peur de faire les choses seules, pas pour une question de sécurité, mais par peur de ne pas avoir quelqu’un avec qui partager cette expérience. Une peur d’être égoïste, en quelques sortes.

Mon conseil : si vous le voulez vraiment, lancez-vous !  »

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📷 samisfierce

Lisa

 » J’ai toujours voulu voyager. Après le lycée, j’ai commencé à économiser pour voyager. Puis… Je suis tombée enceinte et ma vie changea. À ce stade de ma vie, je ne me voyais pas me marier ni avoir des enfants, jamais. Et pourtant, me voilà enceinte à 21 ans. Je me suis donc mariée.

J’ai eu trois fils. Toutes mes décisions de vie ont été faites en fonction d’eux. Mon mari travaillait sur une plateforme pétrolière, donc il était seulement là pour moins de la moitié de l’année. J’ai consacré les 23 années suivantes à ma famille.

Quand mon fils cadet est arrivé en terminale, je n’en pouvais plus. J’avais passé la quarantaine, et j’ai fait le bilan. Est-ce que c’est ça, ma vie ? Pourquoi gaspiller toutes ces années à vivre une vie qui ne me correspond pas ? Une vie à travers mon mari et mes enfants : j’avais perdu mon identité. Un jour, j’ai fait ma valise et je suis partie. C’était l’un des moments les plus libérateurs de ma vie, après 15 ans à hésiter.

J’ai quitté une ferme que nous avions construite nous-mêmes et que, mon mari étant peu présent, je considérais comme ma création. J’en étais très fière. En plus, laissez-moi vous dire qu’il n’y a rien de tel qu’un divorce pour vous rendre compte de qui sont vos vrais soutiens ! Ma meilleure amie depuis 11 ans s’est empressée d’aller le consoler. Je me suis retrouvée complètement fermée émotionellement. Je doutais de moi-même, j’avais peu confiance en moi, j’étais anxieuse…

Un jour, ma psy m’a conseillé d’aller rendre visite à mon frère qui vit aux États-Unis. J’y suis restée 6 semaines. Je suis revenue l’esprit clair, prête à faire face au divorce. Puis, ma mère a déménagé au Royaume-Uni… Et c’est là que la graine a commencé à germer.

J’ai commencé par planifier un voyage pour lui rendre visite. Puis, une amie qui habite en Allemagne m’a invité à faire un détour : après tout, les vols ne sont pas chers, de Londres à Berlin… Une chose en entraînant une autre, j’ai ajouté plusieurs étapes à mon voyage : en France, à Amsterdam, puis l’Écosse, l’Irlande… Et puis tant qu’à faire, Shanghai, où une amie est institutrice, et la Corée du Sud, où mon fils et sa femme viennent d’emménager. Enfin, la Thaïlande et l’Île Maurice. Je retournerai en Afrique du Sud, d’où je viens, en avril de l’année prochaine.

Je suis certaine que j’aurai bien plus d’histoires à raconter à mon retour !  »

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📷 flylike.butterfly

Regina

 » J’étais à la tête d’une start-up à New York. Je n’ai jamais aimé prendre de vacances, mon esprit reste toujours à la maison quand je prenais des congés, et j’avais envie de vraiment vivre ailleurs. J’avais envie de partir depuis un certain temps, mais j’avais trop peur. Mais je vais bientôt avoir 30 ans et je me suis dit, si ce n’est pas maintenant, quand ?

Au moment où vous me lisez, je suis en Europe, et je m’apprête à partir au Népal. Puis la Thaïlande, le Costa Rica et les USA en 2019… Après ça, je ne sais pas encore, peut-être retourner vivre en Europe pour étudier, ou bien en Amérique du Sud, ou complètement autre chose. Je sais que je reviendrai à New York, un jour. C’est mon chez moi. Quand je serai prête, j’y retournerai.

Mon travail, c’est de créer du contenu sur internet. Des articles, des stories sur Instagram, etc. Un peu comme du marketing, mais avec un aspect créatif. J’avais prévu de ne pas travailler pendant un an, j’ai donc économisé chaque centime (littéralement). Aujourd’hui, je travaille environ 10 heures par semaine – ça dépend de la connexion Wi-Fi. Même si ma peur de l’inconnu me met toujours des bâtons dans les roues, je vis mon rêve. Je me lève tous les matins en me disant que je n’aimerais être nulle part ailleurs.

Et puis après tout, « si tes rêves ne te font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands », comme disait l’autre. Avoir peur, c’est sain. Ça veut dire que vous êtes toujours en vie. Vous pouvez vous en nourrir. Sachez que vous êtes assez fort pour faire face, et quand vous vous serez confrontés à l’adversité, vous en ressortirez grandis !

Niveau finances, un seul mot : économies. Chaque centime. Une fois que vous avez assez d’argent de côté pour survivre un an, partez, mais mettez-vous une deadline ! Sinon, vous reporterez toujours à plus tard. J’avais économisé de quoi passer un an en Asie du Sud-Est, avant d’avoir l’opportunité de travailler en voyageant. L’Asie du Sud-Est, c’est idéal si vous souhaitez vous lancer : la vie n’y est vraiment pas chère.

Vos peurs seront toujours là, par contre c’est votre décision si oui ou non vous allez les laisser vous pourrir la vie ou si vous reprenez les commandes !  »

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À propos de l'auteur(e)

Claudia Merlo

Corsican storyteller with a London fixation. You'll find me in a bookshop, spending money I don't have, at a concert in a sweaty venue or booking a spontaneous trip after two pints at the pub. Find me on instagram @bigsmokeblackbird

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